|
Résumé
:
Dans un univers de « jeu
sérieux » qui existe parallèlement au monde
des ethnographes professionnels, des amateurs dits Indianistes explorent
les cultures amérindiennes du 19e siècle en développant
des techniques artisanales, en se déguisant avec des costumes
« de qualité muséale » et en mettant en
scène des situations qui approchent une réalité
historique reconstituée grâce à des images et
des écrits d’époque dans le but de produire
une connaissance empirique significative. Le projet indianiste se
veut une enquête ethnologique, mais ici le logos ne s’exprime
pas par écrit. Être Indianiste veut dire se faire un
récit de l’Autre à travers son propre corps,
en échappant aux limites de l’écriture. Cela
dit, en collationnant des ethnographies d’époque pour
arriver à une version « authentique », et en
interprétant cette version déjà interprétative,
les Indianistes n’échappent pas non plus à la
re-création, même si leur pratique peut constituer
une voie privilégiée pour apprendre.
Abstract :
In a universe of “serious
play” that exists parallel to the realm of professional ethnography,
so-called Indianists explore nineteenth-century Native American
lifeworlds by crafting “museum-quality replicas” of
clothing and artifacts which are subsequently used in carefully
researched reenactments. Aiming to produce knowledge and meaningful
experience through experimentation, these amateurs conceive of their
practice as a form of anthropological research expressed in action
rather than in the written word. Being an Indianist implies avoiding
the constraints of writing by using one’s very body to tell
the story of the Other. And yet, as Indianists compare and collate
contemporary ethnographies in order to arrive at an “authentic”
version, and as they act out the resulting version (already an interpretation
in itself), they are inevitably caught up in a process of re-creation
just as well—even if their approach may offer excellent opportunities
for knowledge acquisition.
Article
en PDF
Retour
au sommaire
|