Résumé :
Que faire de l’expérience communiste? Comment peut-elle être pensée dans le cadre de la mobilisation totale actuelle? La tentative communiste de création de l’homme nouveau met en lumière une métaphysique de la subjectivité qui traverse tout le 20e siècle et conditionne directement la réponse postmoderne actuelle et son ultime métastase publicitaire, I am what I am.
Cet article se veut un travail d’élucidation de la configuration volontariste-révolutionnaire. Nous commencerons par une analyse des conditions esthétiques de production de l’homme nouveau, en cherchant à éclaircir les aspects les plus sombres de la logique d’épuration révolutionnaire et son rapport à la subjectivité. Dans un deuxième temps, nous reviendrons sur la rupture entre Sartre et Merleau-Ponty, laquelle nous permettra de mettre en évidence la métaphysique de l’action au cœur de la théorie sartrienne de l’engagement et nous amènera ainsi au cœur de ce que De Martino a un jour appelé « la crise de la présence ». Nous terminerons avec quelques considérations en vue d’une politique dite « extatique » de la présence et de l’anonymat, l’idée étant de dégager la voie pour une conception poïétique et non-métaphysique du politique que nous ne pourrons guère qu’esquisser en conclusion de notre travail.
Abstract :
What is to be done with the communist experience? How can it be thought in the context of the current global mobilization? The communist attempt at creating a new man entails a metaphysics of subjectivity that runs across the entire 20th century and directly conditions the postmodern answer, culminating in the paradigm of all advertising slogans, I am what I am.
This work constitutes an attempt at elucidating the revolutionary and volontarist configuration of thought. First, we will analyse the aesthetic conditions of production of the new man, trying to clarify the darkest aspects of the revolutionary logic of depuration and its relation to subjectivity. We will then present the rupture between Sartre and Merleau-Ponty, which will permit us to illustrate the metaphysics of action at the core of Sartre’s theory of commitment and will guide us into what De Martino once called “the crisis of presence”. Finally, we will conclude with some remarks about an ecstatic politics based on presence and anonymity, opening up on an alternative poiesis and non-metaphysical way of conceiving politics.