La mise à distance familière : dénouer les touillons du terrain pour tisser les fils de l’écriture
Sarah Carton de Grammont

Altérités

Revue d'anthropologie du contemporain

Résumé :

Faire du terrain, c’est choisir – y compris choisir de se laisser choisir. Ensuite, l’intelligibilité que nous construisons d’autrui passe, paradoxalement, par une mise à distance pour rendre familier. L’article fait le récit de ce périple, des engagements ou emberlificotements sur un terrain emblématique de la Moscou post-soviétique, au traçage progressif du périmètre du texte écrit et de ses visées. Maintenant que je suis revenue, qu’est-ce que je veux faire et pour faire quoi? À qui est-ce que j’écris, contre qui, avec qui? À quoi est-ce que j’aimerais que cela serve, si tant est que je souhaite que cela serve à quelque chose? Écrire, c’est donc encore choisir – singulièrement, c’est se choisir une définition de l’anthropologie. Ici, chanter ou narrer le monde anthropologiquement servirait à instruire les lecteurs de cette narration, à changer ce monde, et/ou à ne servir à rien de spécial…

Abstract :

To do fieldwork is to choose – even choosing is a choice. Afterwards, we build an intelligibility of the other, paradoxically by distancing oneself to render it familiar. The paper tells the story of this journey, from the knots in which I was entangled in a district emblematic of post-Soviet Moscow to the progressive drawing of the perimeter of the text and its goals. Now, what do I want to do and why? To whom am I writing? Against whom? And with whom? What use do I expect from my PhD, if I ever happened to wish it be useful? To write is also to choose – peculiarly, it is to choose one’s definition of anthropology. Here, creating an anthropological story of the world may bring the reader into that world, help change it, or be useful, if only by being of no use at all…

Article en PDF

Retour au sommaire