|
Résumé :
Ce texte porte sur les perceptions de la maladie et de l’infortune ainsi que sur des pratiques d’exorcisme dans les lieux de culte de saints et de génies marocains. L’ethnographie des villages reclus des saints / génies éponymes Bouya Omar (Kalaa Sraghna) et Sidi Chamharouch (Haut-Atlas) révèle l’existence d’une rhétorique de la justice, de la sainteté, de l’univers carcéral et de l’autorité chérifienne qui s’exprime avec insistance lors des processus rituels et à travers les séquences oniriques interprétées par les rêveurs eux-mêmes. Nous verrons comment les pratiques et le rapport réflexif aux images des rêves forment un processus d’appropriation des figures symboliques d’une autorité face à laquelle s’expriment alternativement la rébellion et la soumission. Pratiques rituelles et interprétations des rêves réitérées sur une longue période, définissent et remodèlent les relations entre les possédés, les saints et les génies, et parallèlement entre des espaces marginaux, des communautés stigmatisées et le reste de la société.
Abstract:
This text attempts to shed some light on the perceptions of illness, misfortune and exorcism practices in the spaces of saint and genius cults in Morocco. The ethnography of the eponymous saints/geniuses in the isolated villages of Bouya Omar (Kalaa Sraghna) and Sidi Chamharouch (Grand Atlas) reveals a rhetoric of justice, sanctity, prison life and sheriffian authority that is clearly expressed during ritual processes and through oniric sequences interpreted by the dreamers themselves. The practices and the reflexive link with dreamt images entail an appropriation of the symbolic figures of authority. This authority is faced both by rebellion and submission. Recurrent practices and interpretations of dreams redefine the relations between the possessed, the saints and the geniuses. They also reshape the ties between marginal spaces or stigmatized communities and the rest of the society.
Article en
PDF
Retour
au sommaire
|